Yves Ecarlat sur la route du bonheur   (lu dans les nouvelles calédoniennes!!)

Yves Ecarlat, le skipper du A40 « Nouvelle Calédonie » affiche de très belles vitesses moyennes depuis mercredi. Après trois jours de course, la flotte des Class 40 évolue sur la route directe, poussée par des vents de secteur est bien établis.

Les premières 24 heures ont été pénibles et pénalisantes pour Yves Ecarlat, pris au piège de calmes plats. Mais le moral est très vite revenu au beau fixe : « Tout va bien à bord, je vous rappelle bientôt ! », lançait-il mercredi. Virtuellement troisième en Classe 3 mais heureux d’être en Class 40, le skipper calédonien vit « (son) aventure à 100 %. » Dans un rapide message envoyé mercredi soir, le skipper calédonien précisait qu’il était « au reachnig (vent venant de l’arrière, ndlr), à 9 nœuds (environ 17 km/h) sur la route directe ». Cette grande glissade vers le sud-ouest devrait durer encore plusieurs jours, pour le plus grand plaisir des skippers ! Depuis les dernières 24 heures, les vitesses moyennes en Class 40 oscillent autour de 7 à 10 nœuds. Yves Ecarlat est dans une bonne moyenne puisqu’il cavale entre 8 et 9 nœuds ! Une très belle performance lorsque l’on sait qu’il ne joue pas à armes égales avec ses camarades armés de prototypes taillés pour la vitesse.
Depuis mardi, le vent est en effet bien établi au secteur nord-est, puis il va s’orienter à l’est. Ces brises portantes (vent venant de l’arrière) sont assez exceptionnelles en cette saison, au large du golfe de Gascogne. L’automne en Atlantique Nord étant plutôt réputé pour être le théâtre de dépressions en chaîne avec leurs lots de vents d’ouest, parfois violents, et de mer formée. En ce début de mois de novembre, il n’en est rien et les solitaires ne manquent pas de savourer la rareté de la situation !

« Je suis bon dernier, mais c’est normal ! »

Si naviguer au portant est un vrai plaisir, ce n’est cependant pas synonyme de « farniente ». Le bateau est moins facile à stabiliser que lorsqu’il remonte au près. Le skipper doit donc être extrêmement vigilant. Lors des premières 24 heures de course, Yves Ecarlat s’est retrouvé littéralement englué dans les calmes, qui ont enveloppé les côtes bretonnes lundi dernier. Certains Class 40 ont même dû « mouiller » (jeter l’ancre) pour ne pas reculer. Le skipper calédonien n’a, fort heureusement, pas eu à en arriver là. Il a toujours réussi à faire avancer, même un tout petit peu, son A40 : « J’ai bataillé sans cesse, ne dormant que très peu, voire pas du tout, pour exploiter les moindres souffles d’air qui passaient à ma portée. »
Pendant ce temps, d’autres concurrents, à la faveur de la puissance de leurs voiliers, ont réussi à se décaler vers le nord, et à attraper un peu plus de vent. « Je suis bon dernier, mais c’est normal ! » plaisante Ecarlat. Le skipper calédonien n’a jamais affiché d’objectifs sportifs en s’engageant sur cette mythique épreuve en solitaire. S’il avait voulu jouer la carte du résultat, Yves se serait inscrit en « Classe 3 monocoque ». Il serait alors actuellement troisième de cette catégorie. Son rêve et son défi étaient de participer au lancement de cette prometteuse « Class 40 », d’être au départ de la Route du Rhum, et d’arriver en Guadeloupe « avec un bateau et un skipper en bon état » : les deux premiers paris sont réussis à 100 %, quant au troisième, c’est bien parti pour ! La flotte des Class 40 a encore 3 200 milles (5 900 km) à parcourir avant de rallier Pointe-à-Pitre. Il peut se passer encore beaucoup de choses : « La belle aventure ne fait que commencer !