....histoire de vous montrer une vie d'ailleurs.. un extrait du journal:" les nouvelles calédoniennes "...vous n'allez sûrement rien comprendre: on parle en franc CFP , alors en vous inquiétez pas de ces grands chiffres.. mais j'aime de temps en temps vous parler de cette île du bout du monde: qui est aussi :mon ile natale..

 

 

 

 

le Nord en marche contre la vie chère....

province Nord




Une manifestation de cette ampleur, à Koné, ne s’était pas vue depuis bien longtemps. Hier, les gens du Nord se sont déplacés en masse à l’appel de l’intersyndicale pour crier leur ras-le-bol. La vie chère, c’est leur quotidien.

« La baguette à 120 francs à Koumac ! L’essence à 250 francs à Bélep ! Plus on monte dans le Nord, plus les prix grimpent ! » Hier, les gens du Nord sont venus nombreux à l’appel des syndicats pour manifester contre la vie chère, 7 000 selon les organisateurs, 1 500 selon la gendarmerie. Mais peu importe cette guerre des chiffres, sur la RT1 entre le village de Koné et le siège de la Province nord, cela faisait bien longtemps qu’on n’avait pas vu autant de monde défiler.
Durant près de deux heures, les drapeaux des six syndicats à l’initiative de cette manifestation ont flotté au rythme des prises de paroles enflammées contre la cherté de la vie. Les prix des denrées, bien entendu, ont été évoqués. Mais pas seulement. Le coût des déplacements vers le Sud et entre les tribus et les villages a été largement critiqué. « On en a marre de payer », ont scandé les manifestants.
L’inégalité géographique est souvent revenue dans les conversations. « Alors que les salaires les plus bas sont dans le Nord, c’est nous qui payons le plus cher les produits, remarque une femme. Il faut que tout le monde soit traité de la même manière, où qu’on habite ! »

Mobilisation. Des habitants des quatre coins de la province —certains Bélémas avaient même pris le bateau la veille— toutes ethnies et tous âges confondus, ont fait le déplacement. Beaucoup d’ouvriers, d’employés, d’artisans, de retraités, quelques élus communaux et des fonctionnaires ont défilé. « C’est bien qu’ils aient pensé à nous en organisant cette manifestation », confie Odile, une maman de Poindimié, qui n’aurait pas pu exprimer son mécontentement s’il avait fallu aller à Nouméa.

On veut une réforme de fond pour en finir avec cette économie de comptoir.

Pour l’intersyndicale, ça ne faisait pas de doute, il était « important de délocaliser. Les gens du Nord sont confrontés à des problématiques spécifiques et ils doivent s’exprimer. Vu la mobilisation, ça prouve qu’ils sont sensibles à cette démarche », estime Marc Wete, de la Fédération des fonctionnaires.
« La vie chère est une problématique qui concerne l’ensemble du pays. C’est pour cette raison que nous avons organisé ces marches dans les trois provinces. Il faut que l’ensemble de la Calédonie se mobilise », a insisté Didier Guenant-Janson, secrétaire général de l’Usoenc.

Blocage. Le cortège est finalement arrivé devant l’hôtel de la province Nord. Les six leaders syndicaux ont remis à Pascal Noaouna, troisième vice-président, « la plateforme commune » indiquant les mesures à prendre contre la vie chère, avant de revenir pour un meeting durant lequel chacun a pu s’exprimer.
À ce moment, un appel a d’ailleurs été lancé pour que les hommes politiques « dans leur ensemble, quel que soit leur parti », n’oublient pas d’écouter la rue. D’ici la fin des Jeux du Pacifique, en septembre, l’intersyndicale compte bien aboutir à des accords concrets. « Et cette fois, on ne se contentera pas de simples déclarations, on veut une réforme de fond pour en finir avec cette économie de comptoir. Si ce n’est pas le cas, on bloquera le pays », a assuré Didier Guenant-Janson.
Aujourd’hui, des marches sont prévues à Lifou et à Ouvéa ainsi qu’un rassemblement devant la mairie de Tadine, à Maré. On y parlera encore de prix élevés et de continuité territoriale.

Marjorie Bernard